En Fait
A., ressortissant croate né en 1974 en Bosnie-Herzégovine, est arrivé dans le canton de Fribourg en janvier 1992. Il a été condamné à plusieurs reprises pour des délits tels que l'abus de confiance, le vol et l'escroquerie. En 2017, le Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois l'a condamné à une peine privative de liberté de 42 mois pour diverses infractions commises entre 2011 et 2016, sans toutefois prononcer son expulsion du territoire suisse.
Le Département de l'économie, de l'innovation et du sport du canton de Vaud a révoqué l'autorisation d'établissement de A. en se fondant sur cette condamnation pénale. Saisi d'un recours, le Tribunal cantonal a annulé cette décision. Le Secrétariat d'État aux migrations a alors déposé un recours en matière de droit public auprès du Tribunal fédéral.
En Droit
Le Tribunal fédéral considère que lorsqu'un jugement pénal ne traite pas la question de l'expulsion d'un étranger, même de manière implicite, les autorités administratives ne peuvent pas révoquer son autorisation de séjour ou d'établissement sur la seule base de cette condamnation pénale. En effet, les articles 62 al. 2 et 63 al. 3 de la loi sur les étrangers et l'intégration (LEI) interdisent une telle révocation si le juge pénal a "renoncé" à prononcer l'expulsion.
Selon le Tribunal fédéral, cette "renonciation" doit être interprétée de…