En Fait
Le litige porte sur une action en dommages-intérêts introduite par des locataires ([C.] et [D.] ) à la suite du refus de leurs bailleurs ([A.] et [B.] ) de consentir au transfert de leur bail commercial à un tiers repreneur ([E.] Sàrl - [F.] ). Les faits essentiels sont les suivants :
Depuis le 1er novembre 1976, les locataires exploitaient un café-restaurant dans des locaux commerciaux appartenant aux bailleurs. Le 9 août 2013, les locataires ont conclu avec [E.] Sàrl - [F.] une convention de remise de commerce pour un montant de 150'000 francs, subordonnée à la conclusion d'un nouveau bail ou au transfert du bail en vigueur. Le 22 juillet 2013, les locataires ont sollicité des bailleurs le transfert du bail en faveur du repreneur. Le 24 septembre 2013, les bailleurs se sont opposés au transfert, estimant notamment que le prix convenu était excessif et que le repreneur ne présentait pas les mêmes garanties que les locataires.
Le 20 septembre 2013, les locataires ont déposé une requête tendant au transfert du bail devant la Commission de conciliation. Celle-ci a délivré une autorisation de procéder, mais les locataires n'ont pas saisi le Tribunal des baux dans le délai de 30 jours. Le 12 novembre 2013, le repreneur a informé les locataires vouloir renoncer à la reprise du commerce.
Le 14 janvier 2014, les locataires ont saisi la Commission de conciliation d'une requête en dommages-intérêts, concluant notamment au paiement de 100'000 francs. Le Tribunal des baux a condamné les bailleurs à verser 21'077 francs aux locataires. Sur appel des deux parties, la Cour d'appel civile du Tribunal cantonal du canton de Vaud a réformé le jugement et condamné les bailleurs à payer 100'000 francs aux locataires.
En Droit
Le Tribunal fédéral a tout d'abord examiné la recevabilité de l'action en dommages-intérêts des locataires. Il a considéré que cette action était nouvelle et distincte de la première action en transfert du bail, qui avait été abandonnée faute d'avoir été poursuivie dans le délai de péremption. L'exception d'autorité de la chose jugée soulevée par les bailleurs était donc infondée.
Sur le fond, le Tribunal fédéral a retenu que les bailleurs avaient violé leurs obligations contractuelles en refusant sans justes motifs le transfert du bail. En effet, la cour cantonale avait constaté que le repreneur…