En Fait

En 1960, John Croset a confié au garagiste Jean-Pierre Nafzger la réfection générale d'un vieux camion qu'il avait acheté pour son entreprise de transports. En 1962 ou 1963, Croset a chargé Nafzger de transformer le véhicule en une déménageuse-tapissière, ce dernier estimant le "travail d'aménagement" à environ 8000 francs. Le 29 février 1964, Nafzger s'est engagé à terminer l'ouvrage pour fin avril, mais Croset l'a sommé le 10 août de livrer la déménageuse "expertisée" pour le 31 août. Le 4 septembre, Croset s'est départi du contrat.

Croset a assigné Nafzger en paiement de dommages-intérêts, tandis que Nafzger a réclamé le solde impayé de sa facture, justifiée à dire d'expert. La Cour civile a rejeté la demande de Croset et condamné ce dernier à payer 8900 francs à Nafzger, en réduisant la facture de 30% en application de l'article 375 CO.

En Droit

Le Tribunal fédéral a rejeté le recours principal de Croset. Selon la Cour, Croset ne pouvait se départir du contrat, car l'ouvrage était terminé et correctement exécuté le 31 août 1964, sous réserve de travaux de finition. De plus, l'application de l'article 375 CO n'était pas justifiée, car les conditions de cette disposition n'étaient pas remplies : il n'y avait pas de devis approximatif convenu entre les parties et le dépassement n'était pas excessif.

La Cour a également rejeté l'argument de Croset fondé sur la "culpa in…