En Fait
Cette affaire concerne un litige entre les époux Béard et l'Union de Banques Suisses (UBS) suite à la résiliation d'un contrat de vente de jeux entre les Béard et le vendeur Deillon. Les faits sont les suivants : - Le 2 août 1957, les époux Béard ont acheté 25 jeux à René Deillon, avec un paiement initial de 2'000 CHF et le solde devant être financé par un contrat avec l'UBS. - Le 8 juillet 1964, le Tribunal cantonal de Fribourg a admis une action rédhibitoire des Béard et condamné Deillon à restituer les acomptes déjà versés (27'800 CHF). Deillon a ensuite été déclaré en faillite. - Deillon avait cédé à l'UBS les créances restantes sur le prix des jeux. Les Béard ont versé 7'800 CHF à l'UBS avant de refuser de maintenir le contrat de vente en raison des défauts constatés. - Concernant les 20'000 CHF d'acompte initial, Mme Béard les avait promis à Deillon en les prélevant sur sa part successorale, mais elle les a finalement versés directement à l'UBS.En Droit
1. L'UBS doit restituer son enrichissement en tant que cessionnaire des droits de Deillon issus de la vente résiliée. Le remboursement des 7'800 CHF est acquis, mais les Béard doivent prouver que le droit aux 20'000 CHF d'acompte initial a également été cédé à l'UBS, ce qu'ils n'ont pas réussi à faire. 2. Mme Béard a promis à Deillon de verser les 20'000 CHF d'acompte directement à l'UBS, ce qui constitue une assignation au sens des art. 466 ss CO. Par son acceptation expresse, un rapport d'obligation est né entre elle et l'UBS, indépendamment du contrat de vente. 3. L'assigné ne peut refuser de s'exécuter en invoquant ses relations avec l'assignant. Cependant, lorsque l'assignation porte sur le paiement d'une dette liée à une vente,…