En Fait
Le Juge d'instruction fédéral mène une procédure pénale en Suisse concernant des faits de blanchiment d'argent, de défaut de vigilance en matière d'opérations financières et de faux dans les titres, en lien avec la vente de frégates par la société française Thomson à la Marine de la République de Chine (Taïwan). Dans ce cadre, il a adressé des demandes d'entraide aux autorités de Taïwan, de France et du Liechtenstein. Les membres de la famille Wang, ainsi que les sociétés impliquées, ont formé un recours de droit administratif contre la décision du Juge d'instruction d'ordonner la transmission de certains documents aux autorités françaises.En Droit
Selon les recourants, la protection du secret de la défense nationale française ferait obstacle à la remise de tout document concernant le contrat des frégates. Cependant, le Tribunal fédéral rejette cet argument, considérant que les dispositions pénales françaises relatives à la protection de la défense nationale ne sont pas opposables aux autorités suisses. L'autorité d'exécution doit accomplir fidèlement et complètement la mission qui lui est confiée, sans avoir à déterminer si une pièce ou information est couverte par le secret de la défense nationale selon le droit français.
Le Tribunal fédéral examine également la question de la transmission directe de documents par le Juge d'instruction à son homologue français. Il considère que les règles relatives à l'acheminement des demandes d'entraide ménagent uniquement la souveraineté de l'État requis et n'ont pas pour but de protéger la personne…