En Fait
Les époux A.S. et B.S. sont ressortissants de la République fédérale de Yougoslavie et résident en Suisse avec un permis d'établissement depuis 1978 et 1979 respectivement. Sur leurs six enfants, les deux plus jeunes vivent dans le ménage parental, tandis que les trois enfants majeurs l'ont quitté. Seule la fille C.S. (née en 1982) vit en Yougoslavie chez les grands-parents paternels.
Le 14 mai 1998, A.S. et B.S. ont déposé une demande de regroupement familial pour leur fille C.S. La Direction de la police du canton de Zurich a rejeté la demande, ce que le Conseil d'État a confirmé. A.S., B.S. et C.S. se sont plaints avec succès auprès du Tribunal administratif du canton de Zurich, qui a annulé la décision contestée et ordonné la délivrance du permis d'établissement pour C.S.
L'Office fédéral des étrangers a alors formé un recours de droit administratif auprès du Tribunal fédéral, demandant l'annulation de la décision du Tribunal administratif et la confirmation de la décision de la police des étrangers.
En Droit
Le Tribunal fédéral rejette le recours. Il explique que les restrictions du droit au regroupement familial développées dans la pratique pour les enfants de parents divorcés ou séparés ne peuvent pas être simplement transposées aux familles intactes. L'objectif de l'art. 17 al. 2 LSEE est de permettre aux parents d'élever et de s'occuper eux-mêmes de leurs enfants communs. La protection de la vie familiale doit donc être davantage prise en compte pour les parents…