En Fait
L'employeur Jakob Gunterswiler a résilié le 26 février 1983 le contrat de travail existant depuis avril 1980 avec son chauffeur Antonio Jacopetta, avec effet à la fin mars 1983. Le 12 mars 1983, le salarié Jacopetta a confirmé par écrit la résiliation du contrat au 30 avril 1983 et la réception d'un montant de 4'000 francs suisses en règlement de toutes les créances.
En mai 1983, Jacopetta a intenté une action en paiement de 4'998,80 francs, car il avait été malade du 14 mars au 25 avril 1983 et que le délai de préavis et le droit au salaire auraient donc dû s'étendre jusqu'au 30 juin 1983. Le tribunal de district de Frauenfeld et le tribunal cantonal de Thurgovie ont rejeté la demande.
Jacopetta a alors formé un recours de droit public auprès du Tribunal fédéral, demandant l'annulation du jugement pour appréciation arbitraire des preuves et application arbitraire du droit.
En Droit
Le Tribunal fédéral explique que le tribunal cantonal reconnaît certes en principe que l'incapacité de travail pour cause de maladie du 14 mars au 25 avril 1983 aurait dû faire prendre effet la résiliation non pas au 30 avril, mais au 30 juin 1983. Cependant, le tribunal cantonal a estimé qu'un accord des parties sur la résolution du contrat de travail et la renonciation à la protection contre le licenciement était admissible.
Le Tribunal fédéral contredit cette opinion. Il précise que le salarié ne peut pas renoncer unilatéralement à la protection contre le licenciement conformément à l'art. 336e CO et au maintien du salaire pendant le délai de préavis prolongé. Une renonciation serait nulle…