En Fait
Le 30 août 1953, Paul-Henri Rossier et son épouse, Blanche Rossier, étaient en motocyclette sur la route cantonale d'Evionnaz à La Balmaz lorsqu'ils ont été dépassés par une automobile conduite par Raymond Peyaud. L'épouse de Rossier a été désarçonnée et a heurté la tête contre l'automobile, ce qui a entraîné son décès quelques heures plus tard. Peyaud a été condamné à une amende de 300 fr. pour infraction à la loi sur la circulation automobile et entrave à la circulation publique.
Paul-Henri Rossier et ses trois enfants ont réclamé des indemnités à l'assureur de Peyaud, l'Assurance Mutuelle Vaudoise, pour dommages-intérêts et réparation morale. La défenderesse a offert de payer 5000 fr. à Paul-Henri Rossier et 1000 fr. à chacun des autres demandeurs, ainsi que 2000 fr. pour les frais funéraires.
En Droit
Le Tribunal fédéral a considéré que la valeur litigieuse était d'au moins 10 000 fr. et que les parties étaient convenues de saisir directement le Tribunal fédéral, qui était donc compétent pour connaître du litige (art. 41 litt. c OJ).
Le Tribunal fédéral a également considéré que Peyaud répondait seul des conséquences de l'accident, en vertu de l'art. 37 LA, et que le décès de Blanche Rossier avait été provoqué par le choc cérébral subi lors de la collision.
En ce qui concerne l'indemnité pour perte de soutien, le Tribunal fédéral a considéré que l'art. 45 al. 3 CO permettait d'allouer des dommages-intérêts aux tiers lésés indirectement et par ricochet, mais que cette règle exceptionnelle ne pouvait pas être interprétée extensivement. Le Tribunal fédéral a donc considéré que le soutien n'était pas seulement celui qui remettait à autrui les biens nécessaires à la vie ou de l'argent pour se les procurer, mais également la personne qui consacrait directement son travail à une autre, en préparant ses repas, en soignant ses vêtements et son logis, etc.
Le Tribunal fédéral a également considéré que, pour juger si la condition…