En Fait
Le citoyen colombien Y. a été arrêté le 26 février 1981 à Miami (Floride/États-Unis) alors qu'il était en possession de cocaïne. Une lettre découverte lors de son arrestation faisait état du transfert d'une somme de 1'222'000 dollars sur un compte numéroté d'une banque genevoise. Le compte a d'abord été bloqué le 19 mai 1981 par le juge d'instruction de Genève dans le cadre d'une procédure d'entraide judiciaire internationale. Dame X., qui se prétendait titulaire du compte, a fait opposition à cette décision. Par la suite, la mesure de blocage a été levée. Cependant, le 12 août 1981, le juge d'instruction genevois a ordonné la saisie du compte en se fondant sur les art. 24 de la loi fédérale sur les stupéfiants (LStup) et 58 du Code pénal suisse (CP). Dame X. a formé un recours contre cette ordonnance auprès de la Chambre d'accusation du canton de Genève, qui l'a rejetée le 13 septembre 1982. Dame X. a alors déposé un recours de droit public auprès du Tribunal fédéral.En Droit
Le Tribunal fédéral a rejeté le recours de dame X. Il a considéré que l'art. 24 LStup donne compétence aux autorités genevoises pour saisir, en vue de leur dévolution ultérieure à l'État, des avantages pécuniaires illicites qui se trouveraient à Genève et proviendraient d'un trafic de stupéfiants commis à l'étranger, et ce même si l'auteur ne pourrait être puni en Suisse en vertu des art. 3 à 6 CP.
Le Tribunal fédéral a expliqué que l'art. 24 LStup a été introduit par le…