En Fait
A., de nationalités suisse et espagnole, domiciliée à Genève, est née sous le prénom masculin B. en 1967. Le 23 décembre 2009, elle a demandé au Consul général d'Espagne à Genève l'inscription de son changement de prénoms ainsi que la modification de l'indication relative à son sexe dans les registres de l'état civil espagnol. Le 6 avril 2010, le Consul général a autorisé ces rectifications.
Le 18 mai 2015, A. a demandé la transcription de cette décision de changement de sexe dans les registres de l'état civil suisse. Le 24 août 2015, le Département genevois de la sécurité et de l'économie a rejeté cette requête. La Chambre administrative de la Cour de justice du canton de Genève a ensuite rejeté le recours interjeté par A. contre cette décision.
A. a finalement recouru au Tribunal fédéral, qui a rejeté son recours dans la mesure de sa recevabilité.
En Droit
Selon le Tribunal fédéral, la reconnaissance d'un changement de sexe prononcé par une autorité étrangère suppose que la compétence de cette autorité soit donnée en vertu d'une disposition de la Loi fédérale sur le droit international privé (LDIP). Or, l'ordre juridique suisse ne contient aucune disposition réglementant le changement de sexe, et la jurisprudence a posé que l'inscription du changement de sexe au registre de l'état civil suppose que la personne ait fait constater le nouveau sexe par la voie d'une action judiciaire.
Dans les relations internationales, la jurisprudence a retenu que les autorités judiciaires ou administratives suisses du domicile sont compétentes pour connaître d'une action en reconnaissance du nouvel état civil ensuite d'un changement de sexe. Cependant, le changement de sexe autorisé par le décret du Consul général d'Espagne à Genève ne peut être transcrit dans les registres de l'état…