En Fait
La société Y. SA, membre de l'association patronale de l'industrie graphique F., a démissionné de cette association le 15 mai 2000. Le Syndicat X., signataire d'une convention collective de travail (CCT) avec F., a tenté d'amener Y. à signer un nouveau contrat collectif. Devant le refus de Y., le Syndicat X. a organisé une manifestation non autorisée le 18 mars 2001 devant les locaux de Y. pour empêcher les employés d'imprimer un numéro du quotidien S.
La manifestation a dégénéré, avec des échauffourées entre les manifestants et les forces de l'ordre, ainsi que des dommages matériels. Y. a ouvert une action en responsabilité contre le Syndicat X. et ses membres, réclamant le remboursement des dommages subis.
Le Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne a admis partiellement les conclusions de Y., condamnant les défendeurs à payer une somme de 21'858 fr. 15. La Chambre des recours a confirmé ce jugement, et les défendeurs ont formé un recours en réforme au Tribunal fédéral.
En Droit
Le Tribunal fédéral a examiné la licéité de la manifestation du 18 mars 2001, en considérant les conditions posées par la jurisprudence pour qu'un moyen de combat soit licite : il doit se rapporter aux relations de travail, être conforme à l'obligation de paix relative du travail, être appuyé par une organisation de travailleurs et respecter le principe de la proportionnalité.
Le Tribunal fédéral a considéré que la manifestation était soutenue par une organisation de travailleurs, qu'elle avait trait aux relations de travail et qu'elle était appuyée par un syndicat. Cependant, il a constaté que la manifestation avait violé le principe de la proportionnalité, en raison de l'usage de la force physique et des dommages matériels commis.
Le Tribunal fédéral a également examiné la question de savoir si les défendeurs…